B O O K   O F   F A I T H   A N D   D E V O T I O N

 

D e p e ch e   M o d e   d e   B a s i l d o n   a u   S t a d e   d e   F r a n c e

FIRST SPELL IN BASILDON
FIRST SPELL IN BASILDON

Basildon, donc. Sa station de bus, son marché... dans une échoppe duquel Dave Gahan a vaguement bossé.

JOCE DID IT  ;O)
JOCE DID IT ;O)

FIRST SPELL IN BASILDON
FIRST SPELL IN BASILDON

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Très peu de livres, en France, ont été consacrés à Depeche Mode. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir marqué l'Histoire de la musique : depuis 36 ans, les pionniers de Basildon n'ont jamais failli à l'exigence d'un son unique, et la tournée mondiale qui a suivi la sortie de Delta Machine prouve que le trio britannique continue de galvaniser les stades d'un continent à l'autre.

 

Forte de cette observation, Stéphanie Lopez, qui a véritablement grandi avec ce groupe emblématique de la génération new-wave, a décidé de se lancer sur les traces de ses électrons préférés. « Try walking in my shoes », dit l'une des Songs Of Faith And Devotion : eh bien c'est exactement ce que la journaliste a fait. De Basildon au Stade de France en passant par les studios londoniens dans lesquels leurs premiers albums ont été enregistrés, l'auteure-fan raconte son «chemin de croix, chemin de foi» en marchant dans les bottes des trois Modes, au travers de reportages inédits, de rencontres insolites...  Des personnages avec qui le Depeche Monde rime avec partage, amitié, voyages...

 

En confrontant parfois sa «dévotion» à la désespérante réalité des rouages du show-bizz, l'auteure défend avant tout des valeurs : celles, universelles, de la musique et des messages élévateurs délivrés par DM. Au fil de pérégrinations qui cherchent la substantifique moelle, ce livre met leurs thèmes fétiches en lumière, en remettant aussi chaque album dans son contexte historique et culturel.

© Stéphanie Lopez

D E V O R A M A

« DM n’est pas le groupe d’un héritage. C’est celui que ma génération a découvert par elle-même, et qu’elle a envie de léguer aujourd’hui comme un trésor couvrant trente trois ans de partage. A cheval sur deux siècles d’aventures qui sont loin d’être finies  –  continuons de leur souhaiter longue vie. »

« Je sais que je n’ai qu’une seule crainte, c’est d’être figé », disait l’Auguste Renoir, et c’est une citation que les Modes pourraient largement s’approprier. Ils l’ont prouvé d’album en album, de tournée en tournée : ils ont toujours composé avec un constant désir d’évolution, en prenant soin de ne jamais se répéter. Dès le tournant industriel de Construction Time Again, il est d’ailleurs bien rare que les ex-kids de Basildon n’aient pas qualifié chacun de leur nouvel album comme un «changement important». On le verra au fil des pages, leur parcours discographique est une incessante continuité de virages : il ressemble à ces routes de montagnes où il faut sans cesse changer de vitesse pour passer au niveau supérieur, où les lignes droites ne servent qu’à anticiper le prochain lacet, la prochaine étape pour gagner le sommet.

 

G r a v e r    l a    m o n t a g n e

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Partis du bas de l’échelle sociale et parvenus au seuil des étoiles en authentiques self made men : le parcours des Modes pourrait s’apparenter à celui de trois alpinistes partis à mains nues du pied de l’Himalaya. Ils ont trouvé les bons guides au fil de l’ascension (Daniel Miller premier de cordée) pour atteindre les cimes pas à pas, en prenant des risques et en se blessant parfois, mais ils ont tenu bon et ils sont toujours là, au top de l’électro-pop, avec des chansons qui parlent toujours de foi et d’élévation.

 

A ce propos, ce n’est sans doute pas un hasard si l’image de la montagne revient comme un leitmotiv visuel  dans le Depeche Monde : sur la pochette de Construction Time Again et du single Love In Itself, dans le clip de Walking In My Shoes et surtout, of course, celui d’Enjoy The Silence. Si le coup de maître réalisé par Anton Corbijn est la vidéo qui a propulsé DM vers les cimes, c’est aussi parce qu’elle représente à merveille l’ascension extraordinaire de ce groupe parti de rien et de nulle part, qui ne doit sa couronne qu’à lui-même.

 

En m’attelant à ce livre, j’ai d’ailleurs souvent eu l’impression de m’attaquer à l’Everest.

En farfouillant sur le site Playing The Angel, j’eus beau apprendre que la montagne qui apparaît sur la pochette de Construction Time Again n’est autre que le Cervin, plus modeste avec ses 4478 mètres d’altitude perchés à la frontière italo-suisse, l’ampleur du sujet ne m’en a pas parue deux fois moins élevée

 

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Extrait (Cf pages 24-25)